Le strapping

A l'origine, la méthode visait à consolider les chevilles des basketteurs, particulièrement exposées aux foulures. Si la bande collante suit bien le trajet des ligaments, elle peut effectivement améliorer le maintien, voire même suppléer une articulation défaillante.

Des études biomécaniques ont montré qu'une cheville blessée mais correctement "strappée" tient presque aussi bien qu'une articulation saine; les délais de reprise après un traumatisme sont ainsi écourtés.

La méthode n'est cependant pas sans dangers. D'abord, le sportif risque de renouer trop vite avec son activité. Or, une entorse ne se résume pas à un problème de stabilité mécanique. Il y a tout un processus d'œdème et de cicatrisation qui doit se faire. Si cette évolution naturelle n'est pas respectée, des complications surviennent quelques semaines, voire quelques mois après l'accident. L'articulation est fragilisée et les ligaments, devenus fibreux, perdent cette élasticité qui leur permet de résister aux tensions. La zone reste douloureuse et gonflée. Face à cela, certains sportifs développent une véritable dépendance au strapping. Qui plus est, en soulageant les attaches articulaires, le strapping inhibe le système de proprioception, c'est à dire la sensibilité profonde de l'organisme. Rappelons que chaque articulation est bourrée de petits récepteurs qui enregistrent les tensions et, par voie réflexe, commandent la contraction des muscles pour stabiliser les appuis. Si on prend l'habitude de se bander la cheville, par exemple, l'articulation perd progressivement cette capacité à s'auto-protéger et l'on finit par se tordre le pied en descendant du trottoir.

 

A consommer avec modération
En définitive, la pose d'un strapping ne doit jamais être anodine. Or on assiste à une banalisation inquiétante du phénomène. Depuis peu, certains sportifs se bandent même les muscles avant l'effort, dans l'idée d'éviter les claquages. Cette attitude n'a pas de sens, car les fibres musculaires sont soumises à des tensions de centaines, voire milliers de kilos. Dans ces conditions, la bande de contention ne protège rien du tout. S'il n'y a pas lésion, le strapping est inutile, et s'il y a lésion, il est dangereux! Trop serré, il fait office de garrot; trop tendu, il provoque le relâchement du muscle; trop contentif, il empêche la résorption de l'hématome. On risque ainsi d'aggraver la plaie. Le phénomène de transformation des cellules dites satellites en cellules musculaires, à la base du processus de guérison, se dérègle très facilement. Il vaut mieux éviter tous les traitements par le chaud, le froid ou les massages.

La reprise des exercices doit être progressive et toujours tenir compte de la douleur.

 

Avant la mise en place du strapping, on doit tenir compte de son support, la peau. L'existence de lésions cutanées à type d'érosions, de plaies ou de phlyctènes implique une désinfection préalable et, si besoin, la réalisation d'un pansement.
Une fois la peau protégée, la réalisation d'un strapping efficace et confortable nécessite le respect de quelques règles, quelle que soit la topographie : les embases ou ancrages sont indispensables à la mise en place des bandes posées sous la forme de circulaires ou d'hémi-circulaires, sans tension excessive pour éviter une compression et "un effet garrot".

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